Reconnaître l'otite
L'otite externe, la plus fréquente, est une inflammation du conduit auditif. Les signes ne trompent pas : le chien secoue la tête, se gratte l'oreille avec la patte arrière, penche la tête du côté atteint, gémit quand on touche la zone. L'oreille est rouge, chaude, souvent malodorante (odeur de levure ou de rance), avec un cérumen anormal, brun, noir ou purulent. Certains chiens deviennent grognons tant la douleur est vive.
Pourquoi votre chien fait des otites
| Cause | À savoir |
|---|---|
| Conformation de l'oreille | Oreilles tombantes (Cocker, Cavalier, Basset), conduits poilus (Caniche) ou étroits (Bouledogue) : chaleur et humidité y fermentent |
| Levures et bactéries | Les coupables directs de l'infection, qui profitent d'un conduit fragilisé |
| Allergies | LA grande cause cachée : une otite qui récidive sans cesse est une allergie (alimentaire ou environnementale) jusqu'à preuve du contraire |
| Épillets | En été, une otite brutale et très douloureuse d'une seule oreille évoque un épillet planté dans le conduit : urgence |
| Eau et baignades | L'humidité résiduelle après baignade ou toilettage favorise la macération |
Le coton-tige tasse les débris au fond du conduit et peut blesser le tympan. Et instiller un ancien produit « qui restait » sans examen est risqué : si le tympan est perforé, certains produits peuvent causer une surdité. L'otite se diagnostique à l'otoscope, pas au flair.
Traiter, et surtout ne pas s'arrêter trop tôt
L'examen vétérinaire
Otoscope pour vérifier le conduit et le tympan, parfois examen du cérumen au microscope pour identifier levures ou bactéries : le traitement dépend du coupable.
Nettoyage puis traitement local
Un nettoyant auriculaire adapté puis des gouttes prescrites (antifongiques, antibiotiques ou anti-inflammatoires selon le cas), sur la durée indiquée, généralement 7 à 14 jours.
Le contrôle de fin de traitement
L'erreur classique : arrêter dès que l'oreille semble propre. Une otite incomplètement traitée revient plus fort et sélectionne des germes résistants. Le contrôle vétérinaire valide la guérison réelle.
Chercher la cause si ça récidive
Deux otites ou plus par an : il faut remonter à la source, allergie en tête (essai d'un régime d'éviction, bilan allergologique). Traiter les crises sans traiter la cause condamne aux rechutes.
En prévention : inspection hebdomadaire des oreilles à risque, séchage soigneux après chaque baignade, nettoyage régulier (pas excessif : trop nettoyer irrite) avec un produit adapté, et vigilance épillets tout l'été.
L'otite du chien est le parfait exemple d'une maladie banalisée à tort, et deux erreurs de raisonnement l'entretiennent. La première : la traiter comme un épisode isolé qu'on éteint à coups de gouttes, éventuellement celles qui restent du chien précédent. Résultat : des otites à moitié soignées qui reviennent en boucle, des germes qui se blindent, et des conduits auditifs qui s'épaississent au fil des inflammations jusqu'à parfois nécessiter une chirurgie lourde. Mon message : une otite se soigne à fond, jusqu'au contrôle de guérison, même si l'oreille « a l'air bien » au bout de quatre jours. La seconde erreur, plus subtile : ne jamais se demander POURQUOI. Un chien qui enchaîne les otites n'est pas malchanceux, il a une cause de fond, et dans la grande majorité des cas cette cause s'appelle allergie, alimentaire ou environnementale. L'oreille n'est que le thermomètre d'un terrain allergique qui s'exprime là. Tant qu'on n'explore pas cette piste, régime d'éviction en tête, on écope un bateau qui fuit. Je sais que le bilan d'allergie paraît fastidieux et que les croquettes hypoallergéniques coûtent cher ; mais additionnez trois ans de consultations, de gouttes et de nuits de grattage, et le calcul change. Un chien qui fait sa troisième otite de l'année mérite une enquête, pas une énième ordonnance de gouttes.