Le plus petit des Spitz
Le Spitz Nain, ou Poméranien, est la version miniaturisée des Spitz nordiques, dont il a gardé la double fourrure spectaculaire, la queue enroulée sur le dos et le museau pointu de renard. Sous cette apparence de peluche vit un tempérament de vrai Spitz : vif, alerte, courageux jusqu'à l'inconscience, très attaché à son maître et doté d'un fort instinct d'alarme.
Intelligent et joueur, il apprend vite et adore interagir. Mais comme tous les tout petits chiens, il est un candidat classique au syndrome du petit chien : porté en permanence, jamais éduqué, il devient un tyran aboyeur. Or le Spitz a une vraie tendance à l'aboiement, qu'il faut canaliser tôt sous peine de vocalises incessantes, particulièrement problématiques en appartement et en voisinage proche.
Son pelage magnifique est un engagement : la double fourrure demande un brossage plusieurs fois par semaine pour éviter les nœuds du sous-poil. Attention, ne le tondez jamais ras : la tonte peut endommager durablement le pelage du Spitz (syndrome de l'alopécie post-tonte), qui parfois ne repousse pas correctement.
Fiche complète
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Taille | 18 à 24 cm |
| Poids adulte | 1,5 à 3,5 kg |
| Espérance de vie | 12 à 16 ans |
| Caractère | Vif, courageux, alerte, joueur, aboyeur, attaché |
| Niveau d'énergie | Modéré pour sa taille (30-45 min/jour + jeux) |
| Entretien du pelage | Exigeant (brossage plusieurs fois/semaine) |
| Prix d'achat (éleveur) | 1200 à 2500 euros |
Santé et prédispositions
Le Spitz Nain partage les fragilités des races miniatures. La luxation de la rotule est fréquente, ainsi que le collapsus trachéal (harnais impératif, jamais de collier) et les problèmes dentaires précoces qui imposent brossage et détartrages. Sa petite taille expose à l'hypoglycémie chez le chiot et aux traumatismes (chutes, gestes brusques).
Deux prédispositions plus spécifiques : la maladie de la trachée et surtout l'alopécie X (dite « maladie du pelage noir » ou syndrome de perte de poils), un trouble esthétique de la fourrure, ainsi qu'une fragilité de la fontanelle chez certains sujets. Comme pour tous les mini-formats, méfiez-vous des sujets « tea cup » ultra-miniaturisés, qui cumulent les problèmes. Un Spitz dans le standard, chez un éleveur testant les rotules, est bien plus solide.
Le Spitz Nain est l'exemple parfait du chien victime de sa propre photogénie. Son explosion sur les réseaux sociaux, boostée par les toilettages « boule » ultra-mignons, a fait de lui un objet de désir impulsif, avec les dérives que ça implique : miniaturisation à outrance, achats coups de cœur, éducation négligée. Notre position rejoint celle qu'on tient pour tous les mini-chiens, avec deux insistances propres au Spitz. Premièrement, l'aboiement : cette race parle, beaucoup, et si vous ne canalisez pas cette tendance dès le chiot, vous et vos voisins le paierez cher. Le Spitz silencieux n'existe pas, mais le Spitz raisonnablement bavard, oui, à condition de l'éduquer sérieusement. Deuxièmement, le pelage : cette fourrure de rêve est un contrat d'entretien à vie, et surtout, ne cédez JAMAIS à la tentation de le tondre ras pour l'été, sous peine d'abîmer définitivement son poil. Un brossage régulier suffit à le maintenir frais. Enfin, le refrain habituel mais vital : fuyez les « tea cup » et les élevages qui vendent du toujours plus petit, choisissez un chiot dans le standard chez un éleveur qui teste les rotules. Bien choisi et bien éduqué, le Spitz est un compagnon vif, drôle et fidèle pour quinze ans. Mal choisi et gâté-pourri, c'est une boule d'aboiements fragile.